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Tomber enceinte avec un stérilet : l'histoire vraie de Luana Di Carlo
Interview20 août 20264 min de lecture

Tomber enceinte avec un stérilet : l'histoire vraie de Luana Di Carlo

Sommaire

En bref : Tomber enceinte sous stérilet cuivre, c'est statistiquement rare, mais c'est une réalité. Luana Di Carlo en a fait l'expérience : urgences, retrait du stérilet, risque de fausse couche, et finalement cette évidence. Elle raconte, sans filtre et sans drama, comment on traverse ça.

Dans son métier, elle doit exceller en planification. Mais il y a une chose qu'elle n'avait pas anticipé : tomber enceinte sous stérilet cuivre, malgré les statistiques. Luana Di Carlo, créatrice de contenu connue sous le compte @luana_dicarlo sur Instagram, nous livre son témoignage : celui d'une grossesse sous stérilet qui a déjoué les probabilités. Entre la panique aux urgences face au risque de grossesse extra-utérine, et son "évidence" finale, elle raconte sans filtre comment on accueille une vie qu'on n'avait pas prévue.


Bonjour Luana !
Deux barres sur le test, et ce stérilet cuivre pourtant parfaitement en place. Quelle a été ta première pensée, celle juste après le test positif ?

"C'était sûr" (rires). Mon fiancé était persuadé depuis plusieurs jours que j'étais enceinte ; moi, je pensais juste avoir un retard de règles. Et la pensée d'après : panique à bord. Je m'étais renseignée, je savais qu'une grossesse sous stérilet pouvait être extra-utérine. On est partis directement aux urgences pour faire contrôler et, heureusement, le sac de grossesse était bien placé.

Ton corps a fait tomber un dispositif conçu pour gagner presque à tous les coups. Tu fais partie des moins de 1 %. Tu t'es sentie comment vis-à-vis de ton corps, à ce moment-là ? Trahie ? Ou au contraire, invincible ?

Honnêtement, ni l'un ni l'autre. On parlait déjà bébé avec mon fiancé, alors je pars du principe que la vie, ou mon corps, a choisi son moment. En revanche (et là je ne parle plus de mon cas) j'ai ressenti de la colère envers cette contraception, parce que j'ai reçu beaucoup trop de témoignages similaires. Le problème, c'est que la grande majorité de ces femmes n'ont pas accueilli la nouvelle comme moi. À juste titre.

Le stérilet cuivre est l'un des contraceptifs les plus efficaces, plus de 99 % de réussite. Est-ce qu'avant de tomber enceinte, tu avais pensé à ce 0,6 % de chances ?

Pas du tout. Et au-delà de ça, je pensais que je n'étais pas très fertile. Alors ce pourcentage, je ne m'en suis jamais souciée.

Tu dis que ce bébé s'est offert à vous. Cette façon de le voir est-elle venue tout de suite, ou s'est-elle construite après ?

Un mélange des deux. Une fois qu'on a su que la grossesse était bien placée dans l'utérus, les professionnels de santé m'ont recommandé de retirer le stérilet (c'était aussi mon souhait). Mais on m'a annoncé que ce retrait pouvait entraîner une chance sur deux de fausse couche. Mon fiancé et moi n'avons pas pu nous réjouir, ni pleurer : sur le moment, le choix ne nous appartenait pas. On a passé dix jours à se demander si la grossesse allait tenir. Quand ma gynécologue nous a appris qu'elle était toujours là et nous a demandé si on voulait la continuer, on s'est regardés et c'est apparu comme une évidence.

Tu racontes que ton fiancé t'a laissé décider seule. Cette liberté-là, elle t'a soulagée ou elle t'a pesé ?

Je ne dirais pas qu'il m'a laissée décider seule  (au contraire, il était prêt à me soutenir quel que soit mon choix). Je savais qu'il voulait un bébé très prochainement ; il savait que, pour moi, tout était encore très flou. Il a mis de côté ses envies personnelles pour me soutenir. C'est le meilleur (rires).

Tu as traversé une des semaines les plus incertaines de ta vie, après les urgences et le retrait du stérilet (notamment parce que ce retrait pouvait provoquer une grossesse arrêtée). Qu'est-ce qui se passait dans ta tête pendant cette attente ?

Bizarrement, je priais pour que la grossesse tienne. Pourtant, je n'ai jamais ressenti ce besoin d'être enceinte, de porter mon enfant. Depuis toute petite, mon souhait, c'était d'adopter et uniquement d'adopter. En rencontrant mon fiancé, on en a énormément parlé, et on en était venus à la conclusion qu'on ferait tout notre possible pour procréer et adopter. Mais quand j'ai appris la nouvelle, j'ai complètement lâché prise. Je l'ai pris comme un signe de la vie. Je faisais un décompte de chaque jour qui nous séparait de l'échographie de la délivrance.

Tu tiens à dire que ce n'est pas un bébé accident. Qu'est-ce que ce mot vient toucher chez toi quand tu le lis en commentaire sur tes réseaux ?

Je préfère dire "bébé surprise". Je trouve le terme "accident" assez péjoratif : comme si on avait mal accueilli la nouvelle, alors que c'est tout l'inverse. On ne l'avait pas prévu, mais on est ravis qu'il arrive. Surprise, c'est plus juste.

Qu'est-ce que ça a changé dans ton rapport à l'idée de maîtriser votre fertilité ? La contraception, après ça, tu la vois comment ?

Très grande question… et aucune réponse. Forcément, je n'ai plus confiance en ce dispositif. Et en même temps, il est hors de question que je reprenne des hormones car j'ai pris la pilule de mes 16 à mes 22 ans. Donc voilà. Mystère.

Un jour, ton enfant demandera peut-être "comment je suis arrivé·e ?". Tu imagines lui répondre quoi ?

Qu'on s'aimait trop fort avec ton papa.

Si tu pouvais adresser un mot à ce stérilet, ce serait lequel ?

Va falloir revoir ta liste de compétences mais sans rancune ! 


Ce témoignage relate une expérience personnelle et ne constitue pas un avis médical. Pour toute question sur votre contraception ou une grossesse inattendue, consultez votre médecin ou sage-femme.