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SOPK (désormais SMOP) et grossesse : tout comprendre
Article Scientifique12 juil. 20246 min de lecture

SOPK (désormais SMOP) et grossesse : tout comprendre

Sommaire

L'essentiel à retenir

  • Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) s'appelle désormais SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien) ; les deux noms coexistent jusqu'en 2028 [1].
  • C'est une maladie hormonale chronique et fréquente : elle touche 6 à 13 % des femmes en âge de procréer [2].
  • Elle perturbe souvent l'ovulation, ce qui peut compliquer la conception [3] ; une prise en charge médicale est possible [3].
  • Une grossesse avec un SOPK/SMOP s'accompagne plus souvent de complications (accouchement prématuré, diabète gestationnel, pré-éclampsie) [4] : d'où l'intérêt d'en parler tôt à un professionnel de santé.

Règles irrégulières, acné, difficultés à concevoir… Le SOPK, devenu SMOP en 2026, est encore mal connu, et il est parfois diagnostiqué tardivement, quand un projet de bébé tarde à aboutir [4]. On fait le point sur ce syndrome, sur ses liens avec la fertilité et la grossesse, et sur les bons réflexes pour en parler à un professionnel de santé.

Qu'est-ce que le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), aussi appelé syndrome de Stein-Leventhal ou polykystose ovarienne, est une maladie endocrinienne chronique. Il est dû à un dérèglement hormonal d'origine ovarienne et hypophysaire, responsable d'une production excessive d'androgènes, des hormones normalement produites en très petite quantité chez la femme [2]. C'est la maladie endocrinienne la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer : elle concerne 6 à 13 % d'entre elles, de l'adolescence à la ménopause [2].

Le mot « polykystique » est trompeur : on observe en réalité de nombreux follicules au développement inachevé, et non de véritables kystes [2]. C'est l'une des raisons pour lesquelles le syndrome a été rebaptisé SMOP en mai 2026 [1].

Bon à savoir
Le changement de nom ne modifie ni les critères diagnostiques, ni les examens, ni la prise en charge [1]. Pour comprendre pourquoi le syndrome a changé de nom, lisez notre article SOPK devient SMOP : pourquoi le syndrome des ovaires polykystiques change de nom.

Quelles sont les causes du SOPK/SMOP ?

L'origine du syndrome n'est pas clairement identifiée : elle est très probablement multifactorielle [2]. Deux types de facteurs sont évoqués [2] :

  • Des facteurs génétiques : environ une vingtaine de gènes de prédisposition ont été identifiés, mais ils n'expliquent la survenue du syndrome que dans moins de 10 % des cas. Avoir une mère ou une sœur concernée augmente le risque de 30 %.
  • Des facteurs environnementaux : les perturbateurs endocriniens pourraient jouer un rôle, bien qu'aucune preuve n'ait été établie à ce jour.

Quels sont les symptômes du SOPK/SMOP ?

Ils apparaissent généralement à la puberté, mais peuvent survenir bien plus tard. Ils varient beaucoup d'une femme à l'autre et ne sont pas toujours tous présents [4].

Les symptômes gynécologiques

  • Des cycles irréguliers, qui durent longtemps (plus de 35 à 40 jours), ou une absence de règles [4].
  • Une ovulation rare ou absente, qui peut provoquer des difficultés à concevoir [4].

Les symptômes liés aux androgènes

  • Une pilosité plus importante (hyperpilosité, voire hirsutisme) [4].
  • Une peau grasse et de l'acné, parfois persistante après 20 ans [4].
  • Une chute de cheveux, surtout sur le sommet du crâne et au niveau des golfes frontaux [4].

Les autres symptômes possibles

  • Une tendance à la prise de poids et une résistance à l'insuline [4].
  • De la fatigue, une humeur dépressive, de l'anxiété, une image négative de soi [4].
  • Des apnées du sommeil, surtout en cas de surpoids [4].

Comment le diagnostic est-il posé ?

Après un examen clinique, le médecin demande un bilan sanguin (bilan hormonal en début de cycle et bilan métabolique) et, si nécessaire, une échographie abdominopelvienne [4]. Chez la femme adulte, le diagnostic nécessite la présence d'au moins 2 des 3 critères suivants : un excès d'androgènes (signes cliniques ou analyse de sang), une ovulation rare ou absente, et un aspect « polykystique » des ovaires à l'échographie [4].

L'échographie seule ne suffit pas : certaines femmes ont des ovaires de cet aspect sans présenter les autres symptômes [4]. Chez l'adolescente, le diagnostic repose sur les troubles du cycle et les signes d'excès d'androgènes [4]. Quand l'excès d'androgènes est modéré, le diagnostic est souvent posé tardivement, à l'âge adulte, lorsque des difficultés à être enceinte apparaissent [4].

Peut-on tomber enceinte avec un SOPK/SMOP ?

Le SOPK/SMOP est souvent responsable d'infertilité, en raison de la diminution ou de l'absence d'ovulation [3]. Entre 25 et 30 ans, c'est d'ailleurs souvent le motif de consultation qui conduit au diagnostic [4]. Mais ce n'est pas une impasse : une prise en charge médicale est possible, et des solutions sont proposées aux femmes concernées [3].

Si vous avez un SOPK/SMOP et un projet de grossesse, l'Assurance Maladie vous invite à en parler à votre médecin lors d'une consultation préconceptionnelle, qui permet de planifier au mieux la grossesse [3]. En cas d'infertilité, le médecin commence par vérifier qu'il n'existe pas d'autres facteurs (par exemple une anomalie des trompes ou du sperme du partenaire) [3]. Selon la situation, la prise en charge peut comprendre [3] :

  • une induction de l'ovulation (ou stimulation ovarienne), reconnue comme la première étape du traitement de l'infertilité en cas de SOPK/SMOP ;
  • dans certains cas, une chirurgie ovarienne par voie cœlioscopique ;
  • la fécondation in vitro, étape ultime après échec des inductions d'ovulation ou en alternative à la chirurgie.

Tous ces traitements sont prescrits et suivis par des professionnels de santé. Pour en savoir plus sur les étapes, retrouvez notre article sur le parcours PMA, du diagnostic à la grossesse.

Que change un SOPK/SMOP pendant la grossesse ?

Les femmes enceintes qui ont un SOPK/SMOP ont plus souvent des grossesses compliquées, avec un risque accru d'accouchement prématuré, de diabète gestationnel et de pré-éclampsie [4]. Il s'agit d'un risque accru, pas d'une certitude : en parler tôt à votre médecin, à votre gynécologue ou à votre sage-femme permet d'organiser un suivi adapté à votre situation.

SOPK/SMOP et grossesse : les repères en un coup d'œil

Sujet Repère
Fréquence 6 à 13 % des femmes en âge de procréer [2]
Lien avec la fertilité Ovulation rare ou absente, souvent responsable d'infertilité [4][3]
Diagnostic (femme adulte) Au moins 2 critères sur 3 [4]
Avant la grossesse Consultation préconceptionnelle [3]
Si difficultés à concevoir Prise en charge médicale : induction de l'ovulation, chirurgie ovarienne, fécondation in vitro [3]
Pendant la grossesse Risque accru d'accouchement prématuré, de diabète gestationnel et de pré-éclampsie [4]

FAQ

Le SOPK et le SMOP, est-ce la même chose ?
Oui. Le SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien) est le nouveau nom du SOPK, adopté en mai 2026. Les deux termes coexistent jusqu'en 2028 [1].

Peut-on tomber enceinte avec un SOPK/SMOP ?
Le SOPK/SMOP est souvent responsable d'infertilité à cause d'une ovulation rare ou absente [3], mais une prise en charge médicale est possible [3]. Le mieux est d'en parler à votre médecin lors d'une consultation préconceptionnelle [3].

Le SOPK/SMOP augmente-t-il les risques pendant la grossesse ?
Oui, le risque d'accouchement prématuré, de diabète gestationnel et de pré-éclampsie est accru [4]. Un suivi médical adapté permet d'organiser la grossesse au mieux.

Comment sait-on qu'on a un SOPK/SMOP ?
Le diagnostic repose sur un bilan hormonal, un bilan métabolique et, si nécessaire, une échographie. Chez la femme adulte, il faut au moins 2 des 3 critères suivants : excès d'androgènes, ovulation rare ou absente, aspect « polykystique » des ovaires [4].

Avoir des ovaires d'aspect « polykystique » à l'échographie suffit-il pour parler de SOPK/SMOP ?
Non. Certaines femmes ont des ovaires de cet aspect sans présenter les autres symptômes du syndrome : l'échographie seule ne suffit pas à poser le diagnostic [4].

Le SOPK/SMOP se guérit-il ?
Il s'agit d'une maladie chronique. Il n'existe pas de traitement pour la guérir : la prise en charge est symptomatique et adaptée à chaque femme, en concertation avec elle [3].

Le mot de la fin

Un diagnostic de SOPK/SMOP n'est ni une fatalité ni une fin en soi : c'est un point de départ pour mieux comprendre votre corps et être accompagnée. Que vous ayez un projet de bébé ou simplement des questions sur vos cycles, n'attendez pas pour en parler à votre médecin, à votre gynécologue ou à votre sage-femme.

Sources