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La congélation des ovocytes : tout ce qu'il vous faut savoir pour vous lancer
Préconception7 oct. 20248 min de lecture

La congélation des ovocytes : tout ce qu'il vous faut savoir pour vous lancer

Sommaire

L'essentiel à retenir

  • Depuis la loi de bioéthique de 2021, il est possible de congeler ses ovocytes sans raison médicale en France, du 29e au 37e anniversaire (âge au moment du prélèvement).[1][2]
  • Les actes liés au prélèvement sont pris en charge par l'Assurance Maladie, mais pas la conservation, qui coûte 40,50 € par an.[2]
  • Les ovocytes conservés peuvent être utilisés jusqu'au 45e anniversaire.[1][2]
  • Congeler ses ovocytes ne garantit aucunement la naissance d'un enfant.[1]

Non, on n'a pas forcément envie (ni la possibilité) d'avoir un enfant à 30 ans. Carrière, vie amoureuse, simple envie d'attendre : les raisons sont multiples, et toutes sont légitimes. Alors, que faire quand on sait que la fertilité diminue avec l'âge ? Eh bien… Pourquoi pas une congélation des ovocytes ? Cette technique permet de mettre ses ovocytes de côté en vue d'un éventuel projet d'enfant plus tard, sans pour autant garantir une grossesse. Comment ça fonctionne, qui peut y accéder, combien ça coûte et que peut-on en attendre ? Notre article fait le point, sans jugement.

Qu'est-ce que la congélation d'ovocytes ?

La congélation d'ovocytes, aussi appelée autoconservation ovocytaire, consiste à conserver ses propres ovocytes, congelés, pour éventuellement les utiliser plus tard si un projet d'enfant nécessitait une assistance médicale à la procréation (AMP, aussi appelée PMA), par exemple une fécondation in vitro (FIV).[1][2] Les ovocytes sont conservés dans l'azote, à -196 °C.[1]

Depuis la loi de bioéthique de 2021, il n'est plus nécessaire d'avoir une indication médicale, ni de réaliser un bilan d'infertilité, ni de donner une partie de ses ovocytes à d'autres personnes.[1] Le parcours reste exigeant : l'Agence de la biomédecine le décrit comme long et contraignant, et rappelle qu'il ne garantit aucunement la naissance d'un enfant.[1]

Pourquoi et quand congeler ses ovocytes ?

Pour des raisons médicales

Avant un traitement susceptible d'altérer le fonctionnement des ovaires, une conservation des ovocytes doit être proposée à la patiente : on parle alors de préservation de la fertilité.[1] C'est le cas par exemple avant une chimiothérapie, ou en cas de pathologie comme l'endométriose ou des kystes ovariens nécessitant une chirurgie.[3] Dans ce cadre médical, les règles ne sont pas les mêmes : le prélèvement peut par exemple avoir lieu jusqu'au 43e anniversaire.[1] Pour mieux comprendre ces situations, retrouvez notre article sur l'infertilité.

Pour des raisons non médicales

L'autoconservation sans raison médicale résulte d'un choix de la personne : celui de se donner du temps.[1] L'Agence de la biomédecine rappelle que, quand l'âge augmente, les chances de procréer diminuent, un phénomène physiologique plus précoce et plus marqué chez la femme.[1]

Concrètement, selon l'American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG), la fertilité féminine diminue progressivement à partir d'environ 32 ans, puis plus rapidement après 37 ans.[4] Cette baisse est progressive : ce n'est pas une porte qui se ferme du jour au lendemain, mais des chances qui diminuent peu à peu.

Interrogée par Allo Docteurs, la directrice de l'Agence de la biomédecine soulignait que la majorité des femmes qui congèlent leurs ovocytes le font vers 36-37 ans, alors qu'il serait préférable de s'y prendre plus tôt, entre 30 et 35 ans.[5] Pour en savoir plus sur cette tranche d'âge, découvrez notre article sur la grossesse après 35 ans : âge, risques et suivi.

Psst, on a aussi écrit tout un (passionnant) article sur le lien entre pollution et fertilité !

Qui peut congeler ses ovocytes en France ?

La loi de bioéthique du 2 août 2021 autorise l'autoconservation des gamètes sans indication médicale.[1][6] Pour les femmes, le prélèvement des ovocytes est possible à compter du 29e anniversaire et jusqu'au 37e anniversaire (âge au moment du prélèvement).[1][2] Les ovocytes conservés pourront ensuite être utilisés jusqu'au 45e anniversaire.[1][2]

La démarche se fait dans un centre d'AMP autorisé pour cette activité. Vous pouvez aussi en parler avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme.[1] Voici la liste des centres habilités à l'autoconservation.

Passé 37 ans, la congélation sans raison médicale n'est plus possible en France. Certaines femmes se renseignent alors à l'étranger, où les limites d'âge sont plus larges mais où l'intervention est à leur charge financière.[5]

Bon à savoir : la demande est forte et les centres sont sollicités. En 2024, l'Agence de la biomédecine indiquait un délai moyen d'attente de 14 mois au niveau national, avec plus de la moitié des demandes en région parisienne.[7] Ce délai varie selon les centres et les régions. Comme le prélèvement doit avoir lieu avant votre 37e anniversaire, mieux vaut vous renseigner tôt.

Combien coûte la congélation d'ovocytes ?

En France, les actes liés au prélèvement des ovocytes dans le cadre de l'autoconservation sont pris en charge par l'Assurance Maladie. En revanche, la conservation n'est pas prise en charge et reste à votre charge : 40,50 € par an.[2] Ces frais ne peuvent pas être pris en charge ou compensés, de manière directe ou indirecte, par un employeur.[1]

Comment se déroulent le prélèvement et la congélation ?

La prise en charge médicale et le consentement

Les démarches débutent après une prise en charge médicale par l'équipe du centre. Vous recevez une information sur les conditions, les risques et les limites de la démarche, puis vous donnez votre consentement par écrit.[1]

La stimulation ovarienne et la ponction

Comme dans une FIV classique, le parcours comprend un traitement hormonal par injections sous-cutanées, pendant une dizaine de jours.[1][8] Vient ensuite la ponction des ovocytes, réalisée sous contrôle échographique, sous anesthésie locale ou générale.[8][9] Selon votre réserve ovarienne, une deuxième ponction peut être proposée.[8]

À titre d'exemple, dans un centre de fertilité parisien, la ponction dure environ 10 minutes et est suivie de 2 à 3 heures de surveillance à l'hôpital.[10]

Comme tout parcours médical, il comporte des risques à connaître, même s'ils restent peu fréquents. Le principal lié à la stimulation est le syndrome d'hyperstimulation ovarienne : une réponse trop forte des ovaires, qui peut provoquer des douleurs pelviennes et un gonflement du ventre. Ce même centre l'évalue à 3 à 4 % des tentatives de FIV, malgré les précautions prises. La ponction peut plus rarement entraîner un saignement persistant (environ 1 ponction sur 500) ou une infection pelvienne (moins de 0,5 %).[10] Ces chiffres concernent des FIV : l'équipe de votre centre vous donnera les siens et vous expliquera les signes qui doivent vous alerter.

La vitrification des ovocytes

Les ovocytes matures prélevés sont congelés par vitrification : une technique de congélation ultra-rapide, directement dans l'azote liquide à -196 °C, qui évite la formation de cristaux de glace pouvant altérer l'ovocyte à la décongélation.[9] Autorisée en France depuis 2011,[9] elle permet de meilleurs taux de survie des ovocytes que l'ancienne congélation lente.[11]

Et après ? Le devenir de vos ovocytes

Chaque année, vous êtes consultée sur le devenir de vos ovocytes. Vous indiquez si vous souhaitez les conserver, les utiliser en vue d'une AMP, en faire don à des personnes en attente d'un don ou à la recherche scientifique, ou mettre fin à leur conservation. Sans réponse aux relances pendant 10 années consécutives, ils sont détruits.[1]

Quelles sont les chances de grossesse après une congélation d'ovocytes ?

C'est LA question que tout le monde se pose, et la réponse honnête, c'est qu'il n'y a aucune garantie : autoconserver ses gamètes ne garantit aucunement la naissance d'un enfant.[1] Selon l'Agence de la biomédecine, les chances d'obtenir une naissance avec les ovocytes conservés dépendent de l'âge (plus il est jeune, mieux c'est) et du nombre d'ovocytes conservés (plus il est élevé, mieux c'est).[12]

Certains centres, comme le Centre Hospitalier des Quatre Villes, indiquent qu'il est souhaitable d'avoir 10 à 15 ovocytes congelés, ce qui peut nécessiter une deuxième ponction.[8] L'équipe médicale pourra évaluer avec vous votre situation personnelle.

Comment prendre soin de vous avant d'entamer le parcours ?

Selon l'Agence de la biomédecine, la fertilité peut être affectée par de multiples facteurs : l'âge en premier lieu, mais aussi l'exposition à certains toxiques (tabac, excès d'alcool, drogues), l'excès de poids ou la maigreur excessive, des facteurs environnementaux, parfois psychologiques.[13] Sur certains de ces points, vous pouvez agir :

  • Le tabac : il diminue les chances de réussite des traitements d'AMP. Il est conseillé d'arrêter dès que possible, et des solutions prises en charge par l'Assurance Maladie existent : parlez-en à votre médecin, à votre gynécologue ou à un tabacologue.[14]
  • L'alcool et les autres toxiques : le CHU de Bordeaux recommande de les arrêter avant une prise en charge en AMP.[14]
  • Une hygiène de vie la plus saine possible : c'est la recommandation de ce même centre.[14] Concrètement : une alimentation variée et équilibrée, un bon sommeil, une activité physique régulière. Ce sont des repères généraux de santé.
  • Le poids : l'excès comme la maigreur excessive peuvent jouer sur la fertilité.[13] Évitez de vous lancer seule dans un régime restrictif : parlez-en à votre médecin.
  • L'environnement : pour aller plus loin, lisez notre article sur la pollution et la fertilité.
  • Votre moral : le parcours est long et contraignant.[1] N'hésitez pas à en parler à l'équipe médicale et à vos proches.

Aucune de ces habitudes ne garantit le résultat d'un parcours : elles font simplement partie d'une bonne hygiène de vie avant un parcours médical.

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Congeler ses ovocytes, c'est se donner une option pour plus tard, pas une certitude. Si vous envisagez ce parcours, informez-vous tôt auprès d'un centre habilité et prenez le temps de poser toutes vos questions à l'équipe médicale.

En résumé : la congélation d'ovocytes en France

Critère Ce qu'il faut savoir
Âge pour congeler (sans raison médicale) Du 29e au 37e anniversaire (âge au prélèvement)
Âge pour utiliser ses ovocytes Jusqu'au 45e anniversaire
Prise en charge Prélèvement pris en charge par l'Assurance Maladie ; conservation à votre charge (40,50 € par an)
Parcours Prise en charge médicale et consentement, injections pendant une dizaine de jours, ponction sous anesthésie, vitrification
Chaque année Vous indiquez si vous conservez, utilisez, donnez ou arrêtez la conservation
Garantie de naissance Aucune : les chances dépendent de l'âge et du nombre d'ovocytes conservés

FAQ : congélation des ovocytes

À quel âge peut-on congeler ses ovocytes en France ?

Sans raison médicale, du 29e au 37e anniversaire, âge au moment du prélèvement.[1][2] Dans le cadre d'une préservation de la fertilité pour raison médicale, le prélèvement peut avoir lieu jusqu'au 43e anniversaire.[1]

La congélation des ovocytes est-elle remboursée ?

Les actes liés au prélèvement sont pris en charge par l'Assurance Maladie. La conservation, elle, n'est pas prise en charge : elle coûte 40,50 € par an.[2]

Combien de temps dure le parcours de congélation ?

Les injections durent une dizaine de jours,[1] et la ponction dure environ 10 minutes dans un centre parisien.[10] La durée totale dépend surtout du délai d'accès à un centre : en 2024, il était en moyenne de 14 mois au niveau national.[7]

La congélation d'ovocytes garantit-elle une grossesse ?

Non. Autoconserver ses gamètes ne garantit aucunement la naissance d'un enfant. Les chances dépendent de l'âge et du nombre d'ovocytes conservés.[1][12]

Jusqu'à quel âge peut-on utiliser ses ovocytes congelés ?

Jusqu'au 45e anniversaire pour la femme qui porte l'enfant.[1][2]

Combien d'ovocytes faut-il congeler ?

Certains centres d'AMP indiquent qu'il est souhaitable d'en congeler 10 à 15, ce qui peut nécessiter une deuxième ponction.[8]

Que deviennent mes ovocytes si je ne les utilise pas ?

Chaque année, vous choisissez de les conserver, de les utiliser, d'en faire don à des personnes en attente d'un don ou à la recherche, ou de mettre fin à leur conservation. Sans réponse aux relances pendant 10 ans, ils sont détruits.[1]

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